Nom du projet :
NavaJyothi – Responsabilisation des femmes en milieu
rural dans l’Etat du Karnataka (Inde)
Projet soumis par :
Association d’aide au développement par l’éducation
Le
Chef-Lieu Cidex 155
73390 CHAMOUX SUR GELON
E-mail (présidente de l’AADE) :
frederiquevonplauen@asso-ade.org
Responsable local du projet :
Rev. Sr. Maria Goretti S.R.A
Provincial Superior
Dharma Jyothi
Charitable Society
Queen of Apostles
Convent
Vamanjoor P.O.
575 028
Karnataka
Inde
Fax
: +91 824
2262106
E-mail
:
mariagoretti_@rediffmail.com
Pays
bénéficiaire :
Inde
Région bénéficiaire :
Honavar,
Etat du Karnataka
Coût
total du projet :
65 900
€
Financement local :
5 900 €
Soutien nécessaire :
60 000 €
TABLE DES MATIÈRES
Objet du projet
Les conditions de vie en milieu rural
La femme en milieu rural
La région
Les besoins
Description du projet
Programme de la formation
Etapes de la réalisation du projet
Bénéficiaires, critères de sélection, nombre
et description
Quelques exemples de candidates a la
formation
Accréditation
Financement local
Pérennité du projet
Répartition du budget
Le
projet consiste d’une part à permettre à des jeunes filles
issues d’un milieu rural de suivre une formation
d’infirmière complétée de cours visant à leur faire prendre
conscience des droits de la femme encore trop souvent
bafoués dans la société rurale indienne, et d’autre part
d’envoyer ces infirmières formées dans des villages où les
soins ne sont pas accessibles, et faire ainsi prendre
conscience, aux villageoises notamment, de leurs droits et
obligations.
Aujourd’hui encore,
l’économie indienne repose essentiellement sur l’agriculture
qui représente environ 33 % du PNB et emploie environ les
deux tiers de la population active. La population rurale
représente plus de 60 % de la population indienne. En zone
rurale, le cadre de vie et les habitudes évoluent peu au
sein des villages, certaines pratiques sociales moyenâgeuses
ont toujours cours, les règles d’hygiène élémentaires sont
peu respectées, et l’accès aux soins est très limité en
raison de l’absence de médecins ou de dispensaires dans un
grand nombre de villages. Les droits de la femme sont
souvent bafoués dans cette société qui reste patriarcale et
structurée par des liens familiaux étroits. Le taux
d’analphabétisme des femmes est de 60 % contre seulement 36
% pour les hommes, ce qui témoigne bien que l’enseignement
est plus difficilement accessible pour les femmes. C’est
dans ce contexte que les villageois luttent quotidiennement
pour gagner leur vie dans une région aux terres peu fertiles
et confrontée quasiment en permanence aux problèmes de
sécheresse et d’absence d’accès à l’eau potable.
Dans la campagne indienne
plus qu’ailleurs les droits des femmes ne sont pas
respectés. Celles-ci sont confrontées à un certain nombre de
problèmes dont le plus souvent elles n’ont même pas
conscience.
Le problème le plus
communément rencontré est la dot que doit verser la famille
d’une jeune fille à marier. Bien que cette coutume fût
interdite en 1961, elle ne cesse d’être pratiquée, notamment
dans les mariages hindous. Cette dot consiste en une
importante somme d’argent, des animaux de ferme, des
meubles, du matériel électronique… Elle conduit à de
nombreux abus : la recrudescence « d’accidents domestiques »
(le plus souvent des femmes brûlées dans leur cuisine),
causant la mort de l’épouse, ou de faux suicides en
témoigne.
Cette coutume a d’autres
conséquences : pour ne pas avoir à verser de dot, les
parents préfèrent avoir des garçons, les filles étant ainsi
dévalorisées et leur arrivée dans la famille est souvent
considérée négativement. Seul les garçons héritent des biens
familiaux, une fois mariées, les femmes ne sont plus
considérées comme membre de la famille. Alors que les pays
occidentaux comptent plus de femmes que d’hommes, il y a 93
femmes pour 100 hommes en Inde. Cette disparité s’explique
en grande partie par les infanticides commis sur les petites
filles, à cause du système de dot. L’arrivée d’une petite
fille dans une famille pauvre peut signifier la ruine pour
cette famille. Les avortements de fœtus sont fréquents dès
lors que son sexe a pu être déterminé.
D’autres coutumes
témoignent de ce manque de considération, par exemple l’ « Eve
teasing », terme utilisé en Inde pour désigner le
harcèlement sexuel des hommes sur les femmes. Cette triste
tradition encore très répandue consiste à se livrer à des
attouchements sur des femmes qui se trouvent seules dans un
lieu public ou un moyen de transport public. Ces
attouchements aboutissent parfois à des viols.
Les veuves ont une
position encore plus difficile à tenir dans la société
indienne. Beaucoup de familles rejettent la responsabilité
de la mort d’un homme sur sa veuve. Celle-ci doit alors
porter des vêtements repoussants et se raser la tête. Il
existe encore quelques cas heureusement de plus en plus
rares de « sati », une coutume ancienne selon laquelle la
femme doit s’immoler par le feu pour suivre son époux dans
la mort. La situation des jeunes veuves, relativement
nombreuses car les filles sont mariées très jeunes, est
particulièrement difficile, elle sont mis au ban de la
société en général pour le restant de leurs jours.
D’autres abus sont
perpétrés sur les femmes au nom des traditions. Les femmes
intouchables (caste des
Devadasis) sont
sexuellement exploitées sous prétexte de servir une
divinité. D’autres femmes sont contraintes à la prostitution
par leur propre famille ou par leur mari.
Les violences domestiques
sont souvent considérées comme normales, la femme étant
socialement inférieure à l’homme. Les viols font rarement
l’objet d’une plainte, les victimes ne pouvant pas le plus
souvent apporter la preuve du viol. Elles craignent
également la réaction de leur famille et de leur communauté,
et préfèrent donc garder le silence.
Uttara
Kannada fait partie de l’état indien du Karnataka, sa
population compte environ 1,5 d’habitants. Cette population
se répartit dans 11 districts et 160 299 personnes résident
à Honavar.
Le district d’Honavar est
ainsi entouré de la Mer d’Arabie d’un côté et de la rivière
Sharavati et des Western Ghats de l’autre côté. La
population de cette petite ville qui a connu relativement
peu de changements en termes de coutumes et de comportements
est principalement composée d’ouvriers journaliers, de
charpentiers, de pêcheurs, etc. Les fabriques de tuiles et
les industries de transformation du poisson étaient
autrefois la principale source de revenus et d’emploi de la
population, mais à cause de divers problèmes économiques,
elles ont dû cesser de fonctionner. La vie de la majeure
partie de la population dépend ainsi beaucoup de revenus
journaliers. L’enseignement souffre également de la mauvaise
situation financière du district d’Honavar.
La
région compte 146 écoles maternelles, 293 écoles primaires,
29 établissements secondaires, 8 instituts universitaires, 1
université et 1 institut universitaire de technologie. Les
établissements secondaires étant situés dans quelques
localités seulement, les enfants qui n’y ont pas accès sont
le plus souvent contraints d’abandonner leurs études,
certains doivent trouver de petits travaux temporaires ou
des stages à court terme. Ceux qui souhaitent poursuivre des
études supérieures doivent renoncer à leur rêve à cause du
manque d’établissements supérieurs à proximité de leur
domicile.
De
plus, les parents sont réticents à investir dans l’éducation
des filles. Les familles pauvres préfèrent garder les filles
à la maison pour garder leurs cadets ou pour travailler dans
les champs. Si la famille doit choisir d’envoyer seulement
un fils ou une fille à l’école lorsque leurs moyens ne leur
permettent pas d’envoyer les deux, leur choix se portera sur
leur fils. Les filles abandonnent souvent leurs études après
l’école primaire ou le collège (classe de 7ème ou
de 10ème). Certaines sont même envoyées dans les
états pour travailler comme aide domestique pour améliorer
les revenus de la famille.
Dans le
cadre de nos programmes d’orientation scolaire, il très
souvent apparu qu’à la sortie du collège, vers l’âge de 15
ans, les étudiants se retrouvent à un carrefour important de
leur vie sans savoir où aller ni quoi faire. Ces jeunes
étant la première génération à avoir reçu un enseignement,
les parents ne sont pas en mesure de les guider dans leur
choix pour leurs études ou carrières futures.
De
plus, même les étudiants souhaitant suivre une formation
professionnelle à la sortie du collège ne peuvent pas le
faire puisque ils sont le plus souvent issus de familles
défavorisées qui ne peuvent pas payer les droits de
scolarités exorbitants.
C’est
ainsi que notre organisation, la Dharma Jyothi Charitable
Society, a décidé de créer une école d’infirmières, la
St. Ignatius School of Nursing, destinée à former
les jeunes filles des campagnes qui sinon n’auraient pas la
possibilité de poursuivre leurs études.
De plus, l’hôpital de
notre organisation, destiné à répondre aux besoins de la
population d’Honavar en matière de santé depuis ces 25
dernières années, a constaté la pénurie de soins de santé
professionnels en milieu rural – un milieu dont les besoins
sont nombreux en raison de l’indisponibilité du personnel
soignant de base, du temps de transport vers le centre de
soins le plus proche et au regard des indicateurs du niveau
de santé, des taux de mortalité et de natalité. Peu
d’étudiantes sont parvenues à décrocher le diplôme
d’infirmières GNM ou tout simplement à décrocher un
quelconque diplôme.
Comme programme modèle,
nous souhaiterions fournir des opportunités de formation
pour des promotions de 50 étudiantes. La durée de la
formation est de trois ans. Le cursus fera alterner des
cours à l’école et des stages au sein de la population
rurale qui permettront aux étudiantes de se forger une
expérience personnelle et professionnelle, tout en leur
permettant de préserver leurs liens avec la population.
Objectif général :
Il s’agit d’un double
objectif :
Ø
Aider
les jeunes filles issues de milieu rural à réaliser leur
potentiel, à élargir leurs horizons et à donner un sens à
leur vie en leur permettant de trouver un bon emploi.
Ø
Former
des infirmières qui joueront un rôle social important dans
le milieu rural dans lequel elles exerceront en tentant de
faire évoluer des mentalités qui ont peu changé au cours des
derniers siècles.
Objectifs spécifiques :
Ø
Aider
les jeunes filles issues de milieu rural à obtenir une
indépendance économique à l’issue de leur formation
Ø
Développer une structure d’accueil pour la formation
Ø
Leur
permettre d’identifier les problèmes et d’établir la liste
des priorités pour agir, en se basant sur la conscience
sociale, l’analyse critique et la prise de décision
Ø
Eliminer les croyances superstitieuses sur les femmes qui
affectent leur développement à travers des programmes de
sensibilisation
Ø
Informer la population des priorités et agir
Ø
Permettre à la population de participer activement aux
décisions relatives à la santé
Résultats attendus :
Ø
Ce
programme bénéficiera à des étudiantes issues de zones
économiquement défavorisées.
Ø
Notre
programme fera la promotion de la reconnaissance de soi et
d’une image positive de sa personne chez les jeunes filles,
et stimuler leur pensée critique.
Ø
Les
horizons des femmes seront élargis grâce à l’accès à de
nouvelles informations, connaissances et savoir-faire pour
accéder à l’information.
Ø
Rendre
les femmes plus à même de lutter de manière indépendante
pour obtenir des changements dans :
-
leurs
conditions de vie matérielles
-
leurs
vies personnelles
-
leur
traitement dans la sphère « publique ».
Ø
Les
frontières locales et régionales pour la fourniture de soins
s’estomperont.
Ø
Les
infirmières traiteront une population culturellement plus
diverse.
Ø
L’éducation et l’emploi rendront ces femmes bien plus
efficaces en termes de conscience sociale, d’indépendance et
de prise de décision.
Matières enseignées :
I ANNÉE
4
Unité
I - Bases des soins infirmiers, comprenant premiers
secours, soins d’urgence, physique et chimie
4
Unité
II - Anatomie, physiologie et microbiologie
4
Unité
III - Soins infirmiers de santé publique, comprenant
nutrition, psychologie, sociologie, hygiène personnelle et
environnementale, éducation sanitaire et communication
4
Pratique - Bases des soins infirmiers, physique, chimie
4
Informatique
4
Stages
de développement de la personnalité
II ANNÉE
4
Unité
II - Soins infirmiers médicaux et chirurgicaux – comprenant
nutrition, spécialités – ophtalmologie, ORL, gynécologie,
maladies contagieuses et orthopédie
4
Unité
III - Soins infirmiers en pédiatrie et psychiatrie
4
Pratique - Médicale et chirurgicale (1 + II) – II
4
Pédiatrie + Psychiatrie – III
4
Informatique
4
Stages
de développement de la personnalité
III
ANNÉE
4
Unité
I - Sages-femmes
4
Unité
II - Santé publique – II comprenant les tendances et
techniques professionnelles ainsi que les principes de
management et d’encadrement
4
Pratique sages-femmes – IV
4
Soins
infirmiers de santé publique – I V
4
Informatique
4
Stages
de développement de la personnalité
Le
programme intégrera également des cours sur les services à
la population, le développement de la population, le
développement des programmes scolaires, des stages pratiques
dans l’hôpital de notre organisation et le recrutement des
étudiantes.
Pour
les stages pratiques, les étudiantes seconderont également
le personnel soignant dans les soins et les examens de
dépistage pratiqués en milieu rural, et au sein des
dispensaires mobiles.
Une fois les 3 années de
formation terminées, les étudiantes devront travailler un an
dans une de nos institutions de santé pour acquérir
l’expérience pratique nécessaire.
ð
La
permission du Conseil des infirmières indien pour ouvrir
l’école d’infirmière a déjà été accordée
ð
Construction du bâtiment sur un terrain donné par notre
Congrégation
ð
Réalisation des infrastructures du bâtiment de l’école
ð
Affectation du personnel enseignant
ð
Sélection des étudiantes
ð
Les
étudiantes sélectionnées seront logées dans notre centre
social, car elles résident dans des villages éloignés et des
voyages trop longs leur nuiront.
Description des étudiantes bénéficiaires
·
Être
âgée de 18 à 25 ans
·
Avoir
étudié au minimum jusqu’à la classe de 10ème
·
Jeunes
filles issues de milieux défavorisés et de villages isolés
·
Jeunes
filles désireuses d’apporter un soutien à la population
Bénéficiaires directs
·
Le
nombre total de bénéficiaires directs au cours de la
première année sera de 130 (2005 – 2008) mais au cours des
années suivantes, il y aura jusqu’à 150 étudiantes.
Bénéficiaires indirects
·
Il y
aura plus de 20 000 bénéficiaires indirects potentiels, des
familles des étudiantes aux patients et au grand public.
Nom : Maria Diyog D’souza
Née
le : 26 août 1982
Originaire de : Haliyal
Maria
est issue d’une famille défavorisée. Le père est fermier
mais aussi alcoolique. Il n’encourage pas ses enfants à
poursuivre des études. Mais Maria souhaite aider les autres
et elle est très motivée pour aller à l’école. Dans son
village il n’y a pas de bonne école. Celui-ci est situé dans
la forêt. Les enfants travaillent à mi-temps par exemple en
fabriquant de la saumure pour payer les droits de
scolarités. La mère est femme au foyer. Après la classe de
10ème, la jeune Maria a commencé à travailler
comme maçon. Elle souhaite vivement suivre une formation à
court terme qui pourrait la rendre indépendante mais aussi
aider par la suite ses frères et sœurs à aller à l’école.
Ses sentiments sont partagés entre l’anxiété et l’espoir,
elle attend le jour où sa vie s’améliorera enfin.
Nom :
Yashoda Venkatraman Harikantra
Née
le : 19 avril 1984
Originaire de : Kumta
Son
père a 42 ans, sa mère 38. Ils vivent essentiellement de la
pêche. Son frère Mahesh est en classe de 12ème,
ses sœurs Shobha et Netra respectivement en 11ème
et en 6ème. C’est une famille pauvre. Yashoda est l’aînée.
Elle a quitté l’école après la classe de 12ème.
Les parents on du mal à pourvoir aux besoins de base et à
permettre à leurs enfants de suivre des études. Cependant
ils s’efforcent de faire le maximum pour leur permettre de
continuer. Ils espèrent beaucoup que Yashoda trouve un jour
un travail et une bonne place dans la société. A l’heure
actuelle, elle aide ses parents à trier le poisson, à
cuisiner et à chercher de l’eau potable.
L’école
d’infirmières a été officiellement inaugurée le 19 janvier
2004, à Honavar, Karnataka (Inde). Cependant, le Conseil des
infirmières de l’état du Karnataka lui a accordé quinze
jours pour préparer l’infrastructure et commencer les cours.
Surprise par cette autorisation administrative soudaine,
l’École d’infirmières a provisoirement élu domicile dans les
locaux existants du Centre social St. Ignatius que celui-ci
lui loue.
Pour
éviter des effectifs surchargés, seuls 30 étudiantes ont été
sélectionnées, alors que le nombre maximal d’inscriptions
était fixé à 50. À l’heure actuelle, les cours ont lieu dans
un hall qui a été divisé en salles de classe. Bien que tout
soit en place, des problèmes apparaîtront avec l’arrivée de
la 2ème promotion. Il n’y a pas assez de place
pour faire cours ou contenir d’autres manifestations, le
besoin d’un nouveau bâtiment est donc primordial. C’est
ainsi qu’est né ce projet, le besoin de fonds devant être
satisfait au plus vite.
ð
2 000 €
- droits de scolarité acquittés par les 50 étudiantes chaque
année. Ces droits comprendront les cours et la pension
complète.
ð
3 900 €
- don de l’organisation Dharma Jyothi Charitable Society
Le projet se poursuivra au
cours des années à venir car
-
la demande de formation d’infirmières ne cesse de
croître
-
les opportunités de travail sont nombreuses pour les
infirmières
-
les droits de scolarité abordables acquittés par les
étudiantes seront utilisés pour l’entretien du bâtiment.
|
N° |
Poste |
Montant |
|
1.
|
Construction du bâtiment de l’école |
50 000 € |
|
2.
|
Dépenses administratives |
2 000 € |
|
3.
|
Salaires du personnel enseignant, administratif et
des travailleurs sociaux |
3 200 € |
|
4.
|
Mobilier et matériel |
3 000 € |
|
5.
|
Trois ordinateurs avec accès à Internet |
2 700 € |
|
6.
|
Equipement de laboratoire |
5 000 € |
|
Total |
65 900
€ |
|
Financement local |
5 900
€ |
|
Soutien nécessaire |
60 000
€ |